Ayrton Senna et Alain Prost

Ayrton Senna et Alain Prost

 

Alain Prost revient sur son désaccord avec Ayrton Senna

 

Ayrton Senna et Alain Prost

J’ai mes raisons de plaindre Senna, parce qu’il sera malheureux un jour, le jour où il cessera de gagner, le jour où il n’aura pas le meilleur matériel. La seconde place, pour lui, c’est le pire échec qu’il puisse connaître! Oui, vous pouvez être désolé pour lui. Si j’avais du raisonner comme ça, Senna serait encore chez Lotus. Lui avec ses problèmes, et moi avec un nouveau titre mondial. Les gens me féliciteraient parce qu’avec le même moteur, lui il serait à des kilomètres derrière moi. Il est très rapide, bien plus rapide que moi dans certaines conditions. Il prend aussi davantage de risques. C’est à lui d’estimer si ces risques en valent la peine ou non. Il me rappelle le Prost que j’étais il y a quelques années, et je réalise maintenant ce que j’ai fait subir à Lauda quand j’étais son coéquipier.

Ayrton Senna et Alain Prost

« Ce (la mort de Senna) fut comme un deuxième coup d’arrêt à ma carrière. Je n’ai plus vu la F1 de la même façon ensuite. C’était trop fort. J’y pense souvent, très souvent. Dix ans après, je constate toujours la popularité qu’il a et celle que j’ai toujours. Ayrton et moi avons écrit les plus belles années de la F1. Et d’une manière totalement naturelle. Les gens se rendent compte de cela et peut-être plus encore aujourd’hui. C’est idiot, mais je me pose souvent la question de savoir ce qu’il serait devenu. Je pense qu’il serait rentré au Brésil. Tranquillement ».

« La perte est irréparable, nous le savons tous. Mais nous savons aussi que le temps passe et fait oublier les douleurs les plus vives. C’est vrai que ça fait encore mal. Mais, dans le monde de la course, on ne peut pas toujours penser à des événements comme celui-là : ils s’estompent…En revanche, personne n’oublie vraiment. On n’en parle pas, mais on y pense. »

« Notre guerre fraticide était presque logique, normale et elle nous a servi un petit peu à tous les deux. Elle était dens le cadre du sport, elle le dépassait un peu de temp en temps, mais elle était tellement belle et incroyable. Je pense qu’on n’est pas près d’en trouver une comme ça… »

« Année après année, ma façon de voir la F1 a évolué. Je ne me levais plus le matin et je ne me couchais plus le soir en pensant à elle. Je n’en rêvais plus la nuit, je ne me sacrifiais plus pour elle. Je préférais un parcours de golf à una heure de plus dans le paddock. A l’inverse d’Ayrton. Lui, semblait venir d’un autre monde. Il fallait apprendre à le connaître et accepter son étrange personnalité. »

« Ayrton m’avait souvent appelé depuis ma retraite, pour me dire des choses fort sympathiques. J’en avais été étonné! Il me posait aussi des questions sur le comportement difficile de la Williams et je lui avais confirmé que, moi-même, j’avais rencontré des soucis pour trouver ma position avec ce volant très bas. Il avait aussi été surpris par l’ambiance au sein de l’equipe. Vingt minutes avant le départ d’Imola, j’étais allé le saluer dans le garage Williams. Je l’ai retrouvé en train de s’étirer, l’air soucieux. On sentait qu’il n’était pas bien. Parfois, chez McLaren. Il s’enfermait dans les toilettes pendant plus d’un quart d’heure avant le départ. Mais là, il y avait autre chose. »

Ayrton Senna et Alain Prost

TRES marqué par le drame qui venait de toucher Ayrton Senna, Alain Prost a, au vu des images, émis l’hypothèse d’une rupture «d’un élément de la suspension». «A la place de Damon Hill (NDLR : coéquipier de Senna), je ne repartirais pas», affirmait-il. «Les règlements changés l’an dernier (notamment l’interdiction des suspensions actives) l’ont été afin de faire le spectacle, pour resserrer le plateau», a ajouté l’ancien champion du monde.
«Lorsqu’une voiture de course sort à plus de 300 à l’heure, il faut beaucoup de chance pour s’en sortir», estimait-il, par ailleurs, suite aux trois accidents du week-end, «on ne peut pas toujours compter sur la chance…»
«On a perdu ce fil conducteur de sécurité qu’on avait avec le président Balestre», renchérit Prost, qui accuse le pouvoir sportif : «Tout est fait pour le business, le fric… il y a une dégradation totale entre les pilotes et le reste de la F1. On met des pénalités à certains pilotes dans l’intérêt du championnat, comme l’année dernière (lui-même à Monaco NDLR), mais on ne parle plus de sécurité. Les pilotes sont bien payés, donc ils n’ont pas leur mot à dire ! Tous les accidents de ces dernières années avaient été miraculeux.»

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